Frimeur, répétai-je.
- Non, enchaîna-t-il en souriant, je réfléchissais à un truc que j'ai envie d'essayer.
Sur ce, il reprit mon visage entre ses mains en coupe. J'arrêtai de respirer. Il hésita - pas d'une façon normale, pas d'une façon humaine, pas comme une homme pourrait tergiverser avant d'embrasser une femme, afin de jauger sa réaction, de voir comment elle va le prendre. Ou pour prolonger l'instant, ce moment parfait d'anticipation, parfois le meilleur que le baiser lui-même. Edward, lui, hésita pour se tester, pour vérifier que c'était sans danger, qu'il contrôlait sa soif. Puis ses lèvres de marbre froid se posèrent tout doucement sur les miennes.
Ce à quoi ni lui ni moi n'étions prêts, ce fut ma réaction.
Mon sang bouillonna sous ma peau, incendia ma bouche. Mon souffle devint heurté et erratique. Mes doigts agrippèrent ses cheveux, collant sa tête contre la mienne. Mes lèvres s'ouvrirent, et j'inhalai à fond son odeur capiteuse. Aussitôt, il se pétrifia. Ses mains, douces mais fermes, me repoussèrent. Rouvrant les yeux, je vis qu'il était sur ses gardes.
- Houps !
- Comme tu dis.
Un éclat sauvage illuminait ses pupilles, sa mâchoire était crispée. Il tenait mon visage ébloui à quelques centimètres du sien.
- Dois-je..
Je voulus m'éloigner. Ses mains refusèrent de me lâcher. "
Fascination - p 304-305